Patrimoine national et flou artistique

Un citoyen de Bekira refuse de remettre des pièces archéologiques  aux services de police spécialisés

Published on 8 May 2011

Author(s): Le Temps Alegerie/Laouar Isliman

Type:  Nouvelles

Un citoyen de Bekira, près de Constantine, serait en possession de pièces archéologiques datant de l'époque romaine qu'il «refuse» de remettre aux services de police spécialisés. Ces objets, d'une estimable valeur, et qui devraient logiquement revenir sans problème au patrimoine national, sont donc entre les mains d'un homme qui en fait une propriété personnelle sous prétexte qu'il les aurait «trouvées» sur le périmètre de sa propriété (privée).

Il aura fallu à notre confrère Waqt El Djazaïr qui nous ramenait l'information et manifestement au reste de la presse aussi, l'opportunité d'une journée d'étude sur le vol et le trafic d'objets archéologiques pour apprendre l'intervention du policier responsable du service à la sûreté de wilaya de Constantine, ce que l'opinion aurait dû savoir bien avant, pas forcément en ces termes, avec les mêmes prolongements.

Parce que pour l'heure, l'honorable officier de police se heurte manifestement à quelques difficultés légales qui permettraient d'obliger le tout aussi honorable citoyen à restituer à la collectivité nationale un bien qui, quel que soit le mode opératoire - et bien évidemment le prix - ne peut pas appartenir à une personne.

Et c'est un problème bien sûr si le vide juridique est avéré sur la question, ce qui permettrait à quelqu'un d'accaparer un objet qui appartient à tout un peuple, voire à l'Humanité entière.
Pourtant, les dispositions légales en la matière n'ont pas toujours suffi à préserver un patrimoine dont les exemples de prédation caractérisée ne manquent pas. Les villas «classées», des espaces naturels «protégés» et des œuvres artistiques «gardées» qui se retrouvent squattés ou accrochés dans les salons privés, on en a vu.

Et on ne s'est pas toujours embarrassé de scrupules pour… fermer les yeux. Le pauvre bougre de Bekira, près de Constantine, à qui on a sûrement soufflé à l'oreille qu'il peut «en tirer quelque chose» doit quand même savoir que des pièces archéologiques datant de l'époque romaine ne peuvent pas lui appartenir.

La police aussi. Sauf que «la loi», quand elle existe, on est plus dans la propension à vouloir l'oublier qu'à l'appliquer à tout le monde quand la jurisprudence ou plus simplement les «antécédents» y obligent. Le brave citoyen de Bekira, et la police surtout, n'ignorent pas non plus que c'est dans la foulée d'un «bilan des vols» que l'opinion a appris la «nouvelle».

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